Montreux une ville particulière.

Tirant parti de la situation exceptionnelle de Montreux, de 1830 à 1914, des entrepreneurs éclairés y développent une magnifique infrastructure hôtelière de style belle époque. Contrairement à la plupart des villes, Montreux ne résulte pas de l’accroissement d’un centre historique. Grâce à son attractivité touristique, elle grandit, en intégrant les villages et hameaux jusqu’ici parsemés dans les vignes. D’une organisation perpendiculaire au lac, le long des « châbles », chemins reliant le lac à la montagne, la ville est passée à une structure urbaine parallèle au lac, suivant le tracé des nouvelles voies routières et ferroviaires. Aujourd’hui Montreux fait partie de la métropole lémanique, mais s’en distingue toujours par sa situation, son architecture et son urbanisme particuliers.

C’est en 1972, année de l’ouverture de l’autoroute N9 Lausanne/Villeneuve, que Montreux se dote d’un plan général d’affectation (PGA) ou plan des zones. Ce plan prévoit une zone à bâtir, alors dimensionnée pour accueillir 40’000 nouveaux habitants.

Vingt ans plus tard en 1992, les études préalables du plan directeur communal (PDCom) ne peuvent que constater les graves atteintes au patrimoine architectural et paysager, laissées par l’urbanisme et les constructions des années 60 à 90. Suite à l’approbation du PDCom par le canton le 26 février 2001, est entamée l’étude d’un nouveau plan général d’affectation. Après de nombreuses péripéties, ce nouveau PGA entre en vigueur en 2019. Il est sensé réduire la zone à bâtir, afin de satisfaire à l’équilibre des dimensions économiques, écologiques et sociales du développement durable.

Le 16 avril 2020, le tribunal fédéral (TF) donne raison au recours d’Helvetia Nostra et annule totalement ce nouveau PGA de Montreux.

Jugé non conforme au droit fédéral, le plan comporte, selon l’opposante, une zone à bâtir surdimensionnée, en contradiction avec les impératifs de protection de la nature et du paysage.

Cette décision du TF réactive de fait le PGA de 1972 dont la zone à bâtir est comme on le sait surdimensionnée.

Raison pour laquelle les autorités communales doivent impérativement ; pendant la durée des études du nouveau PGA, soit 5 ans, prolongeable de 3 ans ; mettre la totalité des terrains à bâtir en zones réservées, temporairement non constructibles.

La décision appartient au Conseil communal et devrait intervenir début 2022.

Ce qui signifie que, les terrains à bâtir seront à nouveau constructibles, du moins pour les mieux situés, au mieux en 2027 mais plus probablement en 2030.

Référence, préavis municipal 34/2021 relatif à l’adoption des zones réservées, PGA et PDCom disponibles sur https://www.montreux.ch.